Conservatoire Maurice-André : à travers les fissures on n'entend plus les projets des ensembles musicaux
À Alès, le conservatoire Maurice-André, quai Boissier-de-Sauvages, se lézarde. L'ancienne maison des Franciscaines, minée par les fortes chaleurs et par le canal des moulins qui travaille son sous-sol depuis le XVIIIᵉ siècle, voit ses façades se creuser et l'une de ses ailes fermée.
c'est précisément dans ce bâtiment que la mairie a choisi il y a plusieurs années de rapatrier les cours de danse, jusque-là installés à l'espace André-Chamson. Encore un projet que la municipalité oubliera de mentionner dans la revue Alès agglo.
Un problème qui ne date pas d'hier
Car le problème n'a rien de nouveau. Voilà des années — une décennie, disent certains — que les alertes s'accumulent, de direction en direction, sans réponse à la hauteur. On se souvient d'ailleurs, avec une pointe de tristesse, de cette photo parue dans Midi Libre pour le départ à la retraite de Brigitte Billaud : derrière elle, les fissures étaient déjà là, bien nettes. Une image devenue, malgré elle, le symbole d'un lieu qu'on laisse s'abîmer sans réagir.
Une dynamique perdue
Cette photo rappelle aussi une autre époque. Sous Brigitte Billaud, le conservatoire vivait vraiment : de l'énergie, des projets, une ambition assumée pour la musique en collectif, malgré des murs déjà fatigués. Depuis, le souffle est retombé. Ses successeurs peinent à retrouver cette dynamique, et l'on ne peut s'empêcher de remarquer que le seul dossier qui semble vraiment les occuper, ce sont les fissures. La sécurité, soit, c'est essentiel. Mais quand la gestion d'un bâtiment devient l'unique horizon d'une direction, il ne reste plus grand-chose du projet culturel.
Une rentrée dans le flou
À la rentrée de septembre, le flou domine. Salles réduites, éventuelles délocalisations vers d'autres sites de l'agglomération, incertitudes sur les conditions d'enseignement : les élèves et les familles avancent à vue. Le bâtiment, lui, continue de bouger, et la culture de sombrer.